L'éditorial de Gabriel Godard

Déjà 25 ans d’existence, ce catalogue est le 25ème, les temps sont difficiles mais nous résistons encore ! Chaque année depuis 2014, nous nous disons que ce sera peut-être le dernier catalogue mais l’INSTITUT REPERES sera encore présent en 2020 !

Beaucoup de stages sont annulés, certains d’entre vous, déçus, nous en font griefs et menacent de ne plus nous fréquenter, je peux le comprendre et en même temps ce comportement creuse notre tombe !

Pour démontrer que tous les hommes étaient égaux en taille, Procuste accueillait les voyageurs dans son auberge et pendant leur sommeil sur un lit conforme à sa croyance, il leur coupait les membres trop grands et qui dépassaient du lit, et étirait les pieds de ceux qui étaient trop petits, le voyageur ne survivait jamais à ce traitement sauf celui « con-forme » ! On parle couramment de « lit de Procuste » pour désigner toute tentative de réduire les individus à un seul modèle, une seule façon de penser ou d'agir. Nous y sommes, c’est le temps des standards et de la pensée unique, la servitude volontaire dont parle Roland Gori se profile, et les salauds de légalistes sont à l’œuvre.

Qui se souci de fabriquer de l’humain dans nos établissements ? Il y a souvent davantage le souci d’être en règle avec les bonnes pratiques, la réglementation, les obligations de toutes sortes plutôt que d’accueillir avec humanité celui qui souffre…. Tel Procuste l’évaluation est parfois plus importante que le Sujet souffrant. Définir la sortie est plus important que l’accueil. Diminuer le coût est plus important que fabriquer de l’humain. On généralise, on homogénéise, on cloisonne, on soigne davantage ses propres angoisses qu’on aide la personne en souffrance.

Les lieux de soin sont des lieux morts, sans vie. Les lieux de vie sombrent dans l’activisme pour faire vitrine

La Psychothérapie Institutionnelle « Cet effort de théorisation, lié à une pratique de la vie quotidienne, risque fort d’être écrasé par le rouleau compresseur des technocrates et des simplificateurs néo-positivistes.»
— Jean Ayme (1924 – 2011).

Quels sont les théories aujourd’hui qui pensent l’institutionnel ? François Tosquelles le disait : « Le problème est que ceux qui critiquent la Psychothérapie Institutionnelle n’ont pas de théorie à opposer, alors l’établissement est sacrifié à l’imaginaire tout puissant de quelques-uns ». L’inconscient est chassé pour laisser place à l’objectivation effrénée et au contrôle. La création et la surprise sont bannies. La spontanéité est réprimée ; L’imprévu doit être prévu !

La Haute Autorité de Santé évalue la clinique de Laborde : « Dernièrement, il y a une femme de la Haute Autorité de Santé ! Se donner le titre de « Haute Autorité », il faut le faire !.., Alors elle s’est promenée, elle a visité, et après elle a dit «  oui, ici c’est pas mal, c’est un lieu de vie, mais c’est pas un lieu de soin… ». Heureusement que je n’étais pas là, je lui aurais mis la tête dans la terre, moi. Mais enfin il faut se retenir. Mais dire des choses pareilles… c’est effarant ! »
— Jean Oury (film : le sous-bois des insensés).

La proposition psychanalytique est un travail « d’après coup », il ne s’agit pas de maîtriser les pratiques car à ce moment-là on ne peut transmettre que de l’aliénation, il s’agit d’être au travail avec sa pratique au moment même où je suis en relation avec l’autre. Lorsque ça rate le travail est de chercher les causes qui nous échappent et de cerner notre propre part dans le symptôme afin de faire un pas de côté, en effet on ne peut pas changer l’autre on ne peut que changer soi-même et c’est déjà beaucoup de travail. Le travail proposé est un travail avec l’autre et non sur l’autre.

C’est pour cela qu’il n’y a pas d’humanisation d’un système sans réunions rythmées et hebdomadaires pour tout le personnel ! Il faut choisir, soit on fabrique de l’humain soit on fabrique des robots ! Il faut choisir soit on accueille le symptôme soit on réprime le symptôme ! Il faut choisir soit on souhaite faire du soin, de l’éducation, soit on souhaite gérer des individus ! Il faut choisir soit on souhaite fabriquer des systèmes humains soit on souhaite gérer des camps !

Ce n’est pas en mettant l’inclusion comme prioritaire que tous les individus vont être entendus dans leurs difficultés et leurs souffrances ! NON l’humain est prioritaire et sa singularité demande de tolérer l’invention, la surprise, l’initiative, la création, de multiples approches, des projets singuliers, sans enfermer les pratiques dans un prêt à penser !

Les internats ont un outil fabuleux qui est le quotidien comme médiateur et les effets thérapeutiques viennent par surcroit ! Mais les éducateurs eux-mêmes ne croient plus aux vertus du quotidien, ce en quoi, ils ont tort ! Le Désir se soutient de l’inconfort !... Une théorie sans pratique est une théorie nulle – Une pratique sans théorie est une pratique aveugle… La parole sans la Loi c’est du délire – La Loi sans la parole c’est du totalitarisme – La Vie c’est articuler la Loi et la Parole…

Gabriel Godard — Directeur et fondateur de l’INSTITUT REPERES

 

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